LA CHÈVRE DE M. SEGUIN
(Paroles : Jean-Jacques Debout et Roger Dumas,
musique : Jean-Jacques Debout)
La chèvre de Monsieur Seguin,
Gambadait vite, gambadait bien.
La chèvre de Monsieur Seguin,
Sennuyait du soir au matin.
Elle rêvait comme ses compagnes,
De sen aller dans la montagne,
Et quand elle lui a demandé,
De bien vouloir la détacher :
Monsieur Seguin cria : « Jamais,
Là-haut le loup te mangerait,
Ce serait trop épouvantable,
Je vais tenfermer dans létable. »
La porte fut fermée peut-être,
Mais la fenêtre était ouverte,
Et sitôt quelle se fut sauvée,
En séloignant de sa vallée.
La chèvre de Monsieur Seguin,
Gambadait vite, gambadait bien,
La chèvre de Monsieur Seguin,
Se sentait vivre dans le matin.
Les fleurs semblaient lui dire: « Blanquette,
Viens avec nous faire la fête. »
Et tout là-haut sur les sommets,
Fallait voir comme elle samusait.
Ce fut une journée mémorable,
Elle était loin de son étable,
Quand tout à coup le vent fraîchit,
Et tandis que tombait la nuit.
La chèvre de Monsieur Seguin,
Gambadait vite, gambadait bien,
La chèvre de Monsieur Seguin,
Entendait bien dans le lointain,
La trompe de Monsieur Seguin,
Qui lui disait: « Reviens, reviens ! »
Mais quand elle aperçut, trop tard,
Han ! Les deux yeux du loup dans le noir !
Elle dit, comme la vieille Renaude,
Qui avait tenu jusquà laube :
« Je vais me battre avec courage »
Et dans cette lutte sauvage.
La chèvre de Monsieur Seguin,
Gambadait vite, gambadait bien,
La chèvre de Monsieur Seguin,
Sest bien battue jusquau matin,
Et puis quand le coq a chanté,
Parmi les fleurs,
Elle sest couchée.
Alors le loup la dévora,
Et nous on la regrettera !